Quatrieme rapport national sur la diversite biologique



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Appendice C. Progrès accomplis pour atteindre les objectifs de la stratégie mondiale pour la conservation des plantes et de gestion des aires protégées




C.1. Mesures prises pour la réalisation des objectifs

C.1.1. Objectifs nationaux de l’administration forestière


Conformément au décret n° 98-175 du 12 mai 1998 portant organisation de la Direction Générale de l’Economie Forestière, la Direction des Forêts a pour principales missions de :

  • proposer la politique de gestion durable des ressources forestières et veiller à son application ;

  • proposer des programmes nationaux d’inventaires et en contrôler l’exécution ;

  • proposer la délimitation du domaine forestier permanent ;

  • participer à l’élaboration des plans d’aménagement du domaine forestier ;

  • élaborer la réglementation en matière de gestion durable des forêts et veiller à son application ;

  • inspecter les chantiers d’exploitation forestière et de reboisement ;

  • concevoir les stratégies de mise en œuvre de la politique du Gouvernement en matière de développement de la sylviculture, de la foresterie communautaire et de l’agroforesterie ;

  • veiller à l’application de la politique du Gouvernement en matière de conservation des sols et des ressources hydriques.



C.1.2. Intégration des objectifs dans les stratégies, plans et programmes pertinents 


Les objectifs énoncés ci-dessus sont pris en compte, à divers degrés, dans les exercices de planification du Congo (voir chapitre III du présent document), parmi lesquels le Plan d’Action Forestière Nationale (PAFN), le Plan National d’Action pour l’Environnement (PNAE), la Stratégie Nationale et le Plan d’Action en matière de Diversité Biologique (SN/PADB) et le Plan d’Action en matière de Lutte contre la Désertification (PAN).
De même, plusieurs programmes de recherche sur la conservation des ressources végétales sont en cours d’exécution au niveau des centres de recherche sous la tutelle de la Délégation Générale à la Recherche Scientifique et Technologique (CERVE, GERDIB, UR2PI, CRFL etc …) ainsi que dans les structures sous tutelle de l’Université Marien NGOUABI (Faculté des Sciences, IDR).

C.1.3. Mesures prises pour parvenir aux objectifs 

C.1.3.1. Inventaires floristiques 


Depuis 1947, de nombreux travaux sur l’étude de la flore ont été effectués. Suivant les objectifs poursuivis, ces études ont porté sur l’aspect purement floristique, la connaissance des essences de bois d’œuvre et des plantes d’utilité diverse.
Ces différentes études ont permis d’estimer 6.500 espèces, dont 4.397 sont déjà connues. Toutefois, beaucoup de spécimen, déposés dans les herbiers nationaux et internationaux, restent encore indéterminés.
Pendant les inventaires forestiers, réalisés dans le cadre des projets de planification de la mise en valeur des ressources forestières, plus de 300 espèces de bois d’œuvre ont été inventoriées, dont 150 environ sont connues. Cependant, près de 50 espèces seulement font l’objet d’exploitation forestière.

S’agissant des autres espèces de la flore utilisées pour les besoins alimentaires, médicinales et autres, on ne dispose pas des données sur leurs potentialités. Toutefois, les études réalisées ont permis d’identifier :



  • environ 166 espèces de plantes alimentaires, appartenant à 55 familles ;

  • environ 800 espèces de plantes médicales, appartenant à plus de 100 familles.

Les études floristiques ont été essentiellement réalisées dans le Mayombe, et à partir des années 1990, dans les aires protégés, dans le cadre des programmes GEF-CONGO (Projet de Gestion et de Conservation des Aires Protégées) et ECOFAC (Conservation et Utilisation Rationnelle des Ecosystèmes Forestiers d’Afrique Centrale) dans le Parc National d’Odzala.


De 1970 à nos jours, environ 9.917.236 ha ont été inventoriés dont :

  • 4.014.530 ha, de 1970 à 1987, réalisés par le CTFT, la FAO, le PNUD et POLYTECHNA dans les Départements de la Likouala, la Sangha, le Niari et du Kouilou ;

  • 1.382.376 ha, de 1998 à 1999, réalisés par le Ministère de l’Economie Forestière dans les Départements de la Cuvette-Ouest, des Plateaux, du Pool, de la Bouenza, de la Lékoumou, du Niari et du Kouilou ;

  • 4.520.329 ha, à partir de l’année 2000, par le Ministère de l’Economie Forestière et les Bureaux d’Etudes privés internationaux et nationaux.

Suivant les résultats de ces différents travaux, le potentiel ligneux de bois d’œuvre des forêts congolaises est estimé à 567 millions m3 en volumes exploitables, toutes essences confondues.



C.1.3.2. Aménagement forestier


Depuis 2000, un programme d’élaboration des plans d’aménagement des concessions forestières, dans l’objectif d’une gestion durable des écosystèmes forestiers, a été lancé. Trente deux UFA, couvrant environ 9.375.399 ha, sont concernées par ce programme, qui va s’étendre sur l’ensemble des concessions forestières. Ces plans sont élaborés sur la base du nouveau concept de l’aménagement durable, qui recommande la réalisation des inventaires multi ressources en vue de disposer des informations sur le bois et les autres ressources biologiques telles que les plantes et l’état des aires protégées. De même, des études socio-économique et écologique sont réalisées, permettant ainsi de prendre en compte les activités menées par les populations et l’impact sur l’environnement de l’exploitation forestière et des autres types de valorisation des ressources biologiques.
Cinq séries d’aménagement sont définies, délimitées et cartographiées dans chaque UFA aménagée. Il s’agit des séries de conservation, protection, recherche, production et développement communautaire. L’élaboration de ces plans d’aménagement est entièrement financée par les sociétés concernées qui bénéficient de l’appui de l’expertise internationale. Un comité présidé par l’Administration Forestière et chargé du suivi et de l’évaluation de l’élaboration et de la mise en œuvre des plans d’aménagement est mis en place.
Le financement par les sociétés forestières des plans d’aménagement a permis la mise en route de ce programme dans plusieurs UFA. Actuellement 2.277.648 ha sont déjà aménagés (UFA Kabo, Ngombé, Pokola et Lopola) dont 1.891.610 ha bénéficient de la certification forestière FSC (Pokola, Kabo, Ngombé et Missa).


C.1.3.3. Conservation in situ 


Elle est réalisée essentiellement dans les aires protégées qui ont pour objectif principal la protection et la conservation de la faune sauvage, de la flore et des écosystèmes. Depuis quelques années, la conservation de la flore constitue une activité importante au niveau de ces aires protégées. Des études botaniques et ethnobotaniques ont été réalisées dans le Parc National d’Odzala Kokoua, le Parc national Nouabalé-Ndoki, la Réserve Communautaire du Lac Télé, le Parc national de Conkouati Douli, la Réserve de la Biosphère de Dimonika et le sanctuaire à gorilles de Lesio Louna. Des enquêtes ont été réalisées dans certaines zones, subissant une grande pression humaine et dans lesquelles les écosystèmes sont en état de dégradation avancé.

C.1.3.4. Conservation ex situ 


1°. Conservations vivantes 

Dans les années 90, le Centre Pilote d’Afforestation en Limba (CPAL) avait mis en place à Ngoua II (Département du Niari) 227 ha comprenant des essais de provenance et de descendance, des parcs à clones, des tests clonaux et un arboretum d’une superficie de 2 ha à Mbadi. Ces expérimentations sont essentiellement constituées de Terminalia superba (Limba) ainsi que les essences locales et exotiques à moyenne révolution dont : Terminalia ivorensis, Cedrela spp et Cordia alliodora.


Le Centre de Recherche Forestière du Littoral (CRFL), ayant succédé au Centre Technique forestier Tropical (CTFT), dispose d’un arboretum de 20 ha, constitué de 80 essences locales et exotiques ainsi que d’un test clonal de Terminalia superba (Limba) de 1,2 ha, localisés à Mboku-situ dans le Mayombe (Département du Kouilou)
L’Unité de Recherche sur la Productivité des Plantations Industrielles (UR2PI, localisée à Pointe-Noire et bénéficiant des acquis du CTFT), gère de nombreuses collections vivantes constituées d’essais de provenance, de descendance et sylvicoles, des parcs multiplicatifs, des parcs à clones, des tests clonaux, des vergers à graines, à la périphérie de Pointe-Noire, à Loudima (Département de la Bouenza),à Malolo (Département du Niari) et au km 45(ou pK 45) au Nord de Brazzaville (Sous-préfecture d’Ignié). Ces collections couvrent 617 ha environ.
Elle dispose d’un important patrimoine génétique en Eucalyptus représentant une banque de gènes à partir duquel a été réalisé le travail d’hybridation dont les clones sont identifiés par marquage et sont labellisées. Elle possède les plus importantes collections d’Eucalyptus urophylla du monde, en dehors du pays d’origine.
La société Eucalyptus Fibre Congo (EFC, ayant repris les actifs de l’Unité d’Afforestation Industrielle du Congo), dispose de plusieurs parcs multiplicatifs d’une superficie totale de 350 ha. Le Service National de Reboisement (SNR) gère 54,79 ha d’essais, dont 35,5 ha de Pinus occarpa et Pinus caribeae et 18,94 ha d’Eucalyptus spp.
Le Groupe d’Etudes et de Recherche sur la Diversité Biologique (GERDIB) possède deux parcelles de 2 ha, constituées de Pterocarpus sauyoxii, Thieghmella africana, Aucoumea klaineana et une parcelle de 1 ha de Baillonella toxisperma mises en place à Dimonika et à les-Saras dans le Mayombe par le projet MAB.
Le GERDIB poursuit les programmes d’études entreprises par la Station de Recherche de Dimonika (STARDI) sur les légumineuses. Il s’agit de Leucaena leucocephala, Glyciridia calandia, Cajanus cajan, etc. Cette structure a développé également un programme d’étude sur les essences locales, pour le reboisement des zones dégradées dans le Mayombe. Il s’agit de : Tieghemella spp, Terminalia superba, Pterocarpus soyauxii et Baillonella toxisperma. Pterocarpus soyauxii a donné des résultats satisfaisants.

Dans les parcelles expérimentales de Loutété (Département de la Bouenza), 21 cultivars de légumineuses arbustives sont conservés dans ces collections vivantes par le Groupement communautaire sur la biodiversité et le développement (GECOBIDE ; DIAMOUANGANA, comm. Pers., 2009). Des nouvelles expérimentations ont été mises en place à l’Ex-ORSTOM à Brazzaville, notamment avec Canavala spp, Cajanus cajan, Vigna spp, Phaseolus spp.


Le CERVE conduit également un programme de domestication de certaines plantes médicinales dont la multiplication est faite par marcottage (cas du Syzygium brazzavillense et Chine) d’une part, d’introduction de 9 espèces de chine et de production du Stylosanthes guineense, d’autre part.
Le CERAG conduit un programme de recherche sur l’amélioration de la productivité des plantes. Le centre a un important patrimoine génétique de manioc, d’ignames, d’ignames sauvages et courges locales qui permet de conserver in vitro le germoplasme sous forme des vitroplants sains afin de palier les pertes sur le terrain.

Il y a aussi un programme de reboisement et de vulgarisation sur le Moringa menés par Espace créateurs (ONG) dans la région de Brazzaville.


2°. Chambre froide 

Le CRFL dispose d’une chambre froide d’une capacité de 6m3, destinée à la conservation des graines d’espèces locales et exotiques, dont le Limba le Pin et l’Eucalyptus. L’UR2PI dispose également de deux chambres froides rassemblant des collections de semences, mais aussi de très nombreux lots de pollen pour les besoins des campagnes de croisements contrôlés.


3°. Herbiers et vitrothèques

Un herbier très important existe au CERVE. Il est estimé à 5.300 espèces. Sa modernisation et son informatisation sont en cours. Une collection de spécimens a aussi été récupérée du Centre IRD (ex ORSTOM) de Pointe-Noire. Celle-ci est gérée par le CRFL depuis 2008.


Le CERAG dispose d’une vitrothèque qui a une capacité de plus de 200.000 tubes à essai. On retrouve au sein de cette vitrothèque des plantes à racines et tubercules (maniocs, ignames, ignames sauvages), les espèces cucurbitacées (courges locales) et le stevia rebaudiana (4 clones originaires du Paraguay).

C.1.3.5. Etude de la Phénologie 


Les études de phénologie des plantes ont été réalisées dans le cadre du programme Limba, dans les massifs forestiers du Mayombe (zone de Dimonika, Projet Mayombe) et du Chaillu, (Ngoua II, CPAL). Des observations phénologiques ont été également menées dans le Parc national de Nouabalé-Ndoki par une équipe congolo-japonaise dans les années 90, et récemment à Brazzaville (Milandou, 2009).
Le Service National de Reboisement entreprend un programme sur les études phénologiques des essences à intérêts économiques dans le Mayombe et dans les concessions forestières où sont développés les programmes UPARA (Unité pilote d’aménagement, de reboisement et d’afforestation).
Le projet FFEM-CIB arrivé a échéance a également réalisé des travaux de suivi de la phénologie de 20 principales essences à Pokola dans la Sangha en vue de repérer celles dont la régénération naturelle est compromise.

C.1.3.6. Introduction, sélection et amélioration génétique


1°. Essences locales 

Parmi les activités menées sur le Limba figurent la multiplication des arbres par greffage. Ces arbres ont été comparés dans 9 tests clonaux de 27,22 ha. Dans le cadre de la conservation du matériel génétique, quatre (04) essais comparatifs de provenances (31,20 ha) ont été réalisés. Ils ont concerné 32 provenances de cinq (05) pays d’Afrique (Congo,  Côte d’ivoire, Ghana, Cameroun et Gabon).

En 1994, la collection de Terminalia superba du CPAL, à Ngoua II, était constituée de 734 arbres représentés par 68 clones sud-congolais et 3 clones ivoiriens, dont 15 seulement sont représentés dans tous les tests clonaux, à causes des difficultés de multiplication ou de rajeunissement. Outre le Terminalia superba (Limba), les essais de plantation, à partir des semis et des boutures de Nauclea diderichii (Bilinga) et de Pterocarpus soyauxii (Padouk) ont été satisfaisants. Le bouturage de Aucoumea klaineana (Okoumé) a connu une réussite de 60%.
Depuis l’arrêt du financement FAC en 1994, ce patrimoine génétique n’est plus suivi. Le CPAL a arrêté ses activités. C’est le SNR qui est chargé de gérer ce patrimoine végétal.
2°. Essences exotiques 

Les premières introductions d’essences forestières ont concerné les genres : Anacardium, Callitris, Casuarina, Eucalyptus, Sweetia, Tectona etc …, et un peu plus tard, le Pinus.


Après la maîtrise du bouturage en 1975, les programmes d’afforestation sont axés actuellement sur trois principaux hybrides (Eucalyptus saligna 2è génération ‘’HS2’’, Eucalyptus platiphylla 1ère génération ‘’ HPF1’’, Eucalyptus urophylla x grandis ‘’ UG’’).
Outre le Pin et l’Eucalyptus, les autres essences exotiques introduites n’ont pas fait l’objet de programme de recherche soutenu, faute d’une perspective de développement à moyen terme.

C.1.3.7. Valorisation des plantes


Outre les programmes de conservation ex situ et in situ et d’amélioration génétique des essences locales et exotiques, d’autres actions sont menées en matière des plantes notamment :


  • deux pépinières semi industrielles d’une capacité de 3.500.000 plants/an et 8 pépinières régionales ont été implantées et gérées par le SNR, pour appuyer les programmes de foresterie communautaire et d’agroforesterie ;

  • dans le Mayombe 6.500 ha de plantation de Terminalia superba ont été mis en place à partir des semis, dans les années 1950 – 1960 par le service forestier et l’Office Congolais des Forêts (OCF), dans le cadre d’un programme de reboisement de la zone concernée, suite à son appauvrissement en cette essence. Les techniques de plantation utilisées ont été mises au point à la station de MBUKU-NSITU ;

  • la Société Eucalyptus Fibre Congo (EFC) qui a succédée à la Société Eucalyptus du Congo (ECO) S.A., gère 42.000 ha environ de plantations clonales d’eucalyptus, dans la plaine côtière du Kouilou, à sol sablonneux.

  • des programmes d’Agroforesterie sont développés par Agri-Congo (filiale d’Agrisud) dans le cadre des projets d’appui à l’agriculture paysanne, à base des légumineuses arbustives étudiées, notamment Albizzia lebbeck, Flemingia congesta, Glyciridia sepium, Leucaena leucocephala, Piliostgma malarborium) ;

  • le SNR, en collaboration avec les sociétés forestières (CIB et ITBL), entreprend un programme d’enrichissement des forêts exploitées à l’aide des semis et sauvageons des essences locales notamment, Aucoumea klaineana (Okoumé), Entadrophragma cyndricm (Sapelli), Entandrophragma utile (Sipo), Terminalia superba (Limba), etc …et de conduite de jeunes peuplements ;

  • l’introduction de Aucoumea klaineana, dans le Nord Congo qui n’est pas dans son aire de répartition géographique et présente des accroissements intéressants.



C.1.4. Obstacles rencontrés


En dépit de nombreuses missions effectuées, la biodiversité congolaise reste encore peu connue. En effet :

  • les résultats des travaux d’inventaires floristiques ne revêtent pas une grande fiabilité pour diverses raisons : faible taux de sondage, fonds cartographiques non mis à jour, certains inventaires ont été réalisés sans carte de végétation etc. ;

  • aucune collaboration formelle n’existe entre les structures de développement et les centres de recherche concernés ;

  • les questions liées à la gestion des plantes sont traitées de manière globale dans le cadre des programmes d’activités de la Direction Générale de l’Economie Forestière. Les actions spécifiques concernant l’évaluation des activités de conservation et de gestion durable des plantes forestières ont été confiées au programme SAFORGEN qui malheureusement ne bénéficie pas d’allocation ;

  • la gestion des plantes forestières, qui devrait faire l’objet d’une préoccupation particulière, n’est pas accompagnée d’un programme spécifique de formation, de perfectionnement et de recyclage. Elle est abordée dans le cadre de l’aménagement des forêts à savoir : planification de mise en valeur des forêts, promotion des plantations forestières, développement de l’agroforesterie ;

  • les forêts du Sud Congo, qui sont mises en valeur depuis les années 1940, continuent à faire l’objet d’une exploitation agricole intense. Elles ne bénéficient pas encore des plans d’aménagement. Cela se traduit par la poursuite de leur dégradation ;

  • le secteur forestier Nord, dispose encore d’importantes ressources forestières, et fait l’objet d’une exploitation moins intense mais sélective ; ce qui à terme pourrait entraîner la raréfaction des essences principales comme le Sapelli, le Sipo et l’Ayous ;

  • les efforts en matière de reboisement restent encore très insuffisants et la pérennité de la ressource n’est garantie que par la régénération naturelle;

  • la stratégie de développement des plantations villageoises définie en vue de freiner la destruction des forêts par la production des bois de chauffe et du charbon de bois, manque de programmes à court et moyen terme sur lequels doivent se baser toutes les activités de sylviculture ;

  • le développement des programmes d’afforestation n’est pas accompagné d’un programme soutenu d’entretien des plantations. Les plantations sont victimes des feux et par conséquent engendrant la diminution de la qualité du bois des plantations ;

  • l’insuffisance des moyens humains ;

  • l’absence d’évaluation des programmes et politiques menés ;

  • l’insuffisance des moyens logistiques

  • le manque des moyens financiers nécessaires.



C.1.5. Menaces


Les faits ci-après constituent des menaces importantes pesant sur le patrimoine végétal :

  • les méthodes irrationnelles d’exploitation forestière ;

  • les systèmes agricoles ;

  • la coupe croissante du bois de chauffe ;

  • l’exploitation minière ;

  • l’occupation anarchique des terrains ;

  • l’urbanisation et l’industrialisation accélérées ;

  • les conflits armés ;

  • les prélèvements incontrôlés des produits forestiers non ligneux

  • l’insuffisance des dispositifs de surveillance continue de la dynamique de la végétation.



C.1.6. Perspectives  et recommandations


Les perspectives et les recommandations en matière de conservation des plantes sont les suivantes :

  • redynamiser les pépinières départementales et locales et optimiser la production des plants par la formation, le recyclage des pépiniéristes et l’affectation des moyens financiers et matériels adéquats ;

  • généraliser la mise en œuvre par les sociétés forestières des programmes d’enrichissement des forêts exploitées, sur la base de l’expérience des UPARA. Les premiers résultats très encourageants obtenus au niveau des UPARA, nécessitent toutefois d’être accompagnés par la recherche scientifique, pour maîtriser l’écologie et la sylviculture des principales essences locales et mettre au point des méthodes appropriées de régénération des essences forestières ;

  • développer les forêts communautaires pour les besoins de bois de chauffe et de charbon de bois en vue de freiner la destruction des forêts ;

  • promouvoir l’agroforesterie en vue de sédentariser l’agriculture et préserver les forêts ;

  • élaborer et mettre en œuvre à court et moyen terme un véritable programme de reboisement, base de toutes les activités de sylviculture ;

  • développer un programme d’accompagnement par la fourniture du petit outillage, des engrais et pesticides aux ONG et Associations ;

  • développer des programmes spécifiques et soutenus de protection et de conservation des plantes par la promotion d’une sous-traitance en la matière ;

  • développer des programmes d’inventaire du potentiel réel des espèces de plantes ;

  • impliquer les média d’Etat et encourager les Organisations de la société civile (OSC) dans la sensibilisation des citoyens sur l’importance des plantes ;

  • insérer un programme de formation sur la conservation des plantes dans les programmes d’enseignement primaire et secondaire (et même supérieur);

  • renforcer les capacités de conservation des plantes des services techniques des Ministères chargés des Forêts, de l’Agriculture et de la recherche scientifique ;

  • diversifier les sources de financement autres que le budget de l’Etat ;

  • promouvoir l’appui des ONG et Associations pour la recherche des financements auprès des donateurs potentiels ;

  • mobiliser les moyens pour établir une liste complète de la flore nationale ;

  • renforcer les capacités techniques financières et humaines de l’herbier national ;

  • renforcer les capacités du Centre National d’Inventaire et d’Aménagement des Ressources Forestières et Fauniques (CNIAF) ;

  • diligenter les procédures de publication des normes nationales en matière d’inventaire de la flore, déjà en cours au niveau du CNIAF ;

  • établir des synergies entre les différentes structures techniques et scientifiques pour les questions de la conservation des végétaux ;

  • mettre en place des mécanismes de suivi des plans d’aménagement ;

  • renforcer la liste des espèces végétales à conserver ;

  • améliorer les relations entre les différents partenaires impliqués dans la gestion de la biodiversité avec la prise en compte des besoins des populations (gestion participative) ;

  • appuyer les efforts pour la mise en place des collections biologiques ;

  • accorder une attention soutenue aux plantes cultivées et leur adaptabilité pour une meilleure conservation ;

  • surveiller les différentes introductions d’espèces exotiques susceptibles d’envahir les espèces autochtones, et prendre des mesures conséquentes pour la circonstance ;

  • enrayer définitivement le commerce frauduleux des espèces de flore ;

  • mettre en place le système de traçabilité des produits végétaux pour le rendre plus efficace et combattre les réseaux des grands lobbies commerciaux des bois ;

  • renforcer l’application de la législation.

Les progrès accomplis pour atteindre les objectifs de la stratégie mondiale pour la conservation des plantes se traduisent au niveau national par une série d’actes (textes) ou objectifs évoqués ci-dessous.


Objectif n° 1
Le pays a élaboré un code forestier qui définit les normes de gestion rationnelle et durable des ressources forestières avec des garanties de conservation de certaines essences. Il y a aussi le code de l’environnement, et le plan d’action de la recherche scientifique et technologique qui garantissent une gestion durable et une conservation des ressources végétales. A cet effet, plusieurs études ont été menées pour identifier les différentes espèces végétales à l’échelle nationale. Tout cela devant conduire à l’élaboration très prochaine d’une flore nationale à l’instar d’autres pays de la sous région.
Les progrès accomplis se traduisent aussi par la mise en place des structures techniques spécialisées dans le domaine des inventaires de flore comme :


  • le Centre d’Etudes sur le Ressources Végétales (CERVE) qui abrite l’Herbier National ;

  • le Centre de Recherche Forestière de Ouesso (CRFO) ;

  • Le Centre de Recherche Forestière du Littoral (CRFL)

  • le Centre National d’Inventaire et d’Aménagement des Ressources Forestières et Fauniques (CNIAF).


Objectif n° 2

Des avancées ont été constatées avec l’élaboration du code forestier, la réalisation des études sur les ressources génétiques forestières dont le rapport est disponible au Ministère de l’Economie Forestière Certes, toutes les plantes connues ne font pas l’objet d’une conservation, mais quelques unes ont été identifiées et font déjà l’objet d’un classement au niveau de la Convention de Washington.

Le Congo est engagé résolument dans une logique d’augmenter les inventaires floristiques pour une meilleure connaissance et une définition d’une bonne politique de gestion et de conservation des plantes. A cet effet, le programme inventaire forestier national défini par le Centre National d’Inventaire et d’Aménagement des Ressources Forestières et Fauniques (CNIAF) du Ministère de l’Economie Forestière est une opération pilote qui devra donner au pays des données fiables pour apprécier les ressources végétales.
Objectif n° 3

Les documents de base à l’échelle nationale sont le code forestier, le code de l’environnement, ainsi que les autres plans et études réalisés dans le pays, notamment :



  • les normes nationales sur les inventaires ;

  • les plans d’aménagement de certaines sociétés forestières ;

  • le fonctionnement des UPARA dans certaines sociétés forestières.

Tous ces documents reconnaissent une gestion durable et une utilisation rationnelle des ressources végétales. Plusieurs objectifs liés à ce sujet se traduisent par des restrictions au niveau de l’exploitation de certaines espèces végétales avec par exemple l’établissement d’un diamètre minimum d’exploitation (DME) pour éviter la destruction massive de certaines espèces végétales. La fixation des normes d’exploitation à impact réduit permet de minimiser les effets de l’exploitation des plantes sur les autres végétaux qui subissent parfois le poids lors de l’abattage par exemple.


Objectif n°4

A l’échelle nationale, cet objectif est défini par des :




  • études réalisées pour la mise en œuvre de la stratégie nationale et du plan d’action en matière de diversité biologique (SNPA-DB) ;

  • études réalisées à titre consultatif sur le renforcement de capacités dans la taxonomie de la biodiversité, sur la conservation in situ et ex situ, sur la répartition des bénéfices générés par la biodiversité.

Toutes ces études ont mis en exergue l’importance de la conservation des espèces végétales pour une gestion pérenne des ressources végétales.

Par rapport au code forestier, 3.655.402 ha soit 10,68% du territoire national sont actuellement érigés en aires protégées où on assure la conservation des ressources biologiques.
Objectif n°5

Le pays a défini des objectifs correspondant à l’objectif mondial. Ces objectifs se traduisent par la définition d’un domaine forestier permanent.. Pour une meilleure gestion du patrimoine végétal les concessions forestières sont délimitées en Unités Forestières d’Aménagement (UFA). Ce sont des zones où l’exploitation des ressources forestières obéit à un certain nombre d’exigences règlementaires pour les aménagements. Ainsi toute ressource qui ne provient pas d’une UFA est illégale. Il permet donc de concilier les intérêts économiques à ceux de la sauvegarde de la biodiversité.


Pour toutes les UFA, il y a une obligation de faire ou d’élaborer des plans d’aménagement. Au total 32 UFA ont été définies et réparties comme suit :

  • 11 UFA dans le Sud avec 4,7 millions d’ha ;

  • 2 UFA dans le Centre avec 0,6 millions d’ha ;

  • 19 UFA dans le Nord avec 6 millions d’ha.


Objectif n°6

Au niveau du Ministère en charge de l’agriculture, deux documents importants ont été élaborés à savoir :



  • le schéma directeur du développement rural (adopté);

  • la stratégie de développement rural ;


Objectif n°11

Le pays a pris des mesures sérieuses pour être en adéquation avec cet objectif. Elles se traduisent par le respect du classement de certaines espèces de plantes par la convention de Washington, notamment : la loi 16-2000 portant code forestier et le plan d’action national pour l’environnement qui donnent des indications claires sur le commerce international des espèces de flore menacée. Ces différentes lois et leurs textes subséquents traduisent bien dans les faits la définition de cet objectif à l’échelle nationale.


Objectif n°12

Tous les documents élaborés par les experts du pays ressortent cet objectif. Une gestion durable de toutes les ressources d’origine végétale est recommandée par toutes les lois en vigueur au Congo. Une cellule de traçabilité existe au niveau du Centre National d’Inventaire et d’Aménagement des ressources Forestières et Fauniques (CNIAF). Un Service de Contrôle des Produits Forestiers à l’Exportation (SCPFE) est mis en place pour lutter contre les exportations frauduleuses.


Le processus de certification est en cours avec déjà trois (3) UFA du Congo certifiées. La certification devient un gage important au niveau des opérateurs économiques pour une gestion durable des forêts. Le Congo a paraphé l’accord de partenariat Volontaire (APV) avec l’Union européenne dans le cadre du processus FLEGT.
Le Congo a élaboré ses Principes Critères Indicateurs et Vérificateurs (PCIV). Ceux-ci sont des outils de base pour renforcer la certification des forêts avec des procédures d’audits sur la gestion des forêts congolaises. Des sessions thématiques de formations ont déjà eu lieu à Brazzaville où une trentaine d’experts a été formée en Novembre 2008.
Objectif n°13

Les principes relatifs à cet objectif sont pris en compte par:



  • la stratégie nationale et plan d’action en matière de Diversité Biologique ;

  • la protection des connaissances acquises pour la médecine traditionnelle 

Le manque de suivi des tradithérapeutes pose un problème très important du fait qu’il y a ceux qui deviennent inactifs sans avoir assurer une relève pour les seconder. Ces connaissances se perdent aussi par le manque d’intérêt de la jeunesse devant les techniques traditionnelles agricoles, de pêche, chasse, etc.

Dans le cadre de la stratégie de développement, le renforcement de capacités des agriculteurs dans différents domaines leur permettra de se doter de moyens performants.
Objectif n°14

Le Congo a adopté des mesures visant à favoriser la communication et la sensibilisation en matière de conservation de la Biodiversité.

Le code forestier recommande dans chaque UFA la gestion participative des écosystèmes forestiers. Pour ce faire, les populations locales et autochtones sont sensibilisées sur les éventuels changements qui doivent intervenir dans leur milieu de vie. Cependant, il manque de cadre juridique impliquant ces populations à la gestion participative.
Objectif n°15

Dans chaque domaine spécifique, quelques personnes subissent des formations qualifiantes, malgré les difficultés rencontrées par les procédures de mise en œuvre.


Dans le cadre de l’évaluation forestière nationale (Inventaire forestier national) au CNIAF, 45 jeunes cadres ont été formés à la méthodologie de la collecte de données biophysiques et socioéconomique de la FAO.
Objectif n°16

La création des réseaux en matière de conservation des plantes a été favorisée. Plusieurs ONG appartiennent ou sont membres des réseaux locaux ou internationaux en matière de conservation des plantes.


Les objectifs 7, 8, 9, 10 n’ont pas encore été définis à l’échelle nationale. La réalisation de ces derniers nécessite d’associer la mise en œuvre des conventions déjà ratifiées par le Congo.

C.1.7. Plan de convergence


Le plan de convergence constitue une plate forme commune d’actions prioritaires à mettre en œuvre au niveau sous régional et national.
Ce plan présente une vision à long terme, des actions convergentes pour assurer une gestion concertée des écosystèmes forestiers. Il a été adopté en février 2005 à Brazzaville lors du sommet des Chefs d’Etat. La mise en œuvre dudit plan nécessite une couverture de 1,5 milliards de dollars US sur dix ans.
Le plan de convergence s’articule autour de dix axes stratégiques, parmi lesquels :

  • l’harmonisation des politiques forestières et fiscales ;

  • la connaissance de la ressource ;

  • l’aménagement des écosystèmes et le reboisement forestier ;

  • la conservation de la diversité biologique ;

  • la valorisation durable des ressources forestières ;

  • le développement des activités alternatives et la réduction de la pauvreté ;

Les conventions internationales sont les suivantes :



  • Convention sur la diversité biologique

  • Convention cadre des nations unies sur les changements climatiques

  • Conventions sur les zones humides (Ramsar)

  • Convention sur les espèces migratrices.

Plusieurs travaux ont été réalisés prenant totalement ou partiellement en compte la conservation des plantes. Parmi ces travaux, on peut citer les études antérieures et consultations réalisées :



  • Evaluation environnementale intégrée ;

  • Stratégie nationale et plan d’action en matière de diversité biologique ;

  • Renforcement de capacités en matière de conservation et de gestion rationnelle de la biodiversité (Projet Biodiversité PNUD-MEFE);

  • Réalisation des inventaires forestiers et autres

  • Institutions de la mise en œuvre de la biodiversité.

Pour la réalisation des objectifs susmentionnés plusieurs structures techniques et scientifiques ont été crées. Celles-ci prennent en compte la gestion durable des ressources végétales. On peut citer : le CNIAF , le SCPFE, le CERVE, le CRFO, le GERDIB, le CRAL, le CERAG, le CRHM, les UPARA dans les concessions forestières et le SNR.


Le MEF a déjà élaboré un lexique botanique pour les essences forestières, qui doit être complété pour contribuer à l’élaboration de la flore nationale du Congo. Sous la supervision du CNIAF, les travaux d’inventaire floristique du parc zoologique de Brazzaville sont en cours pour la publication d’un rapport d’étude sur les potentialités forestières de la zone. Après tous ces travaux, la forêt de la patte d’oie sera érigée en jardin botanique de la capitale congolaise.
Pour répondre aux normes internationales en matière de conservation des plantes, le Congo dans son programme intérimaire post conflit a bénéficié d’un soutien du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) lui ayant permis de réaliser une évaluation environnementale intégrée (Anonyme, 2004).
Au cours de cette évaluation, un état des lieux de l’environnement au Congo a été réalisé. Sur la base de cette évaluation, des programmes en matière de conservation et de gestion rationnelle des ressources phytogénétiques ont été élaborés.
Malgré les multiples difficultés liées au à la conservation des plantes, des efforts très importants ont été réalisés dans le cadre du lien entre la notion de conservation des ressources et celle de l’exploitation de celles-ci.
Avec l’informatisation de l’Herbier national (localisé au CERVE), le suivi des plantes et l’évolution des écosystèmes végétaux seront plus efficaces.

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