Quatrieme rapport national sur la diversite biologique



Yüklə 0.74 Mb.
səhifə7/19
tarix21.08.2017
ölçüsü0.74 Mb.
1   2   3   4   5   6   7   8   9   10   ...   19

1.2. Ecosystèmes


Les principaux écosystèmes du Congo se présentent comme suit :

  • les écosystèmes terrestres ;

  • les écosystèmes aquatiques ;

  • les écosystèmes marins et côtiers ;

  • les écosystèmes urbains.

Le Congo dispose d’une variété d’écosystèmes terrestres. Il s’agit des forêts denses humides (une gamme d’écosystèmes variés qui vont des forêts ombrophiles type humide aux formations ligneuses et herbeuses mélangées) et des formations steppiques et savanicoles.

1.2.1. Biodiversité agricole

1.2.1.1. Systèmes agricoles et cultures


L’agriculture se caractérise par deux principaux types d’exploitation :

  • le système agricole moderne,

  • le système agricole traditionnel.

Jusqu’à la fin des années 1980, le système moderne, caractérisé pendant longtemps par un mode de production étatique, était constitué principalement d’entreprises publiques (fermes d’Etat et Sociétés agro-industrielles). Celles-ci ont été caractérisées par une faible productivité en dépit de la mécanisation des cultures.


Pratiquée généralement dans la vallée du Niari, dominée par les sols ferralitiques, considérés comme pauvres, cette agriculture mécanisée fait appel à un apport d’engrais chimiques.

Représentant le type le plus important pratiqué au Congo le système traditionnel (86 % environ des superficies cultivées), assure l’essentiel de la production nationale (98 % de la production vivrière).


Le Congo dispose d’une grande diversité de cultures agricoles et forestières réparties en cultures vivrières, maraîchères, industrielles et fruitières. Parmi les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture (RPGAA) figurent les principales cultures suivantes :


  • Racines et tubercules : le manioc (Manihot esculenta), l’igname (Dioscorea alata et D. cayenensis), la pomme de terre (Solanum tuberosum), la patate douce (Ipomea batatas), le taro (Colocosia xanthosoma)




  • Légumineuses à graines : l’arachide (Arachis hypogea), le haricot (Phaseolus vulgaris), le soja (Glycine max), le niébé (Vigna unguiculata), le pois d’angole et le pois bambara ;




  • cultures maraîchères :

  • les légumes feuilles : l’amarante (Amaranthus spp), la baselle (Basella alba), le choux (Brassica oleocera), la morelle noire (Solanum nigrum), la laitue (Lactuca sativa) ;

  • légumes fruits : la tomate (Lycopersicon esculentum), le piment (Capsicum frutescens), l’aubergine (Solanum melongena), le poivron (Capsicum annnum) et le gombo (Hibiscus esculentus) ;

  • les légumes bulbes : l’oignon (Allium cepa) et la ciboule (Allium fistulosum).




  • cultures fruitières : le manguier (Mangifera indica), le safoutier (Dacryodes edulis), le Cacaoyer (Theobroma cacao), l’avocatier (Persea americana), l’oranger (Citrus sinensis), le mandarinier (Citrus reticulata), le citronnier (Citrus limon), le bananier et plantin (Musa spp), le papayer (Carica papaya), le corossolier (Annona muricata), le goyavier (Psidium guyava) et l’ananas (Ananas comosus).




  • céréales : le maïs (Zea mays) et le riz (Oryza sativa)

  • oléagineux : le palmier à huile (Elaeis guinensis)

  • saccaharifères : la canne à sucre (Saccharum officinarum)

Les plantes alimentaires « sauvages » constituent un groupe important des produits forestiers non ligneux (PFNL). Elles représentent une source substantielle d’aliments.


1.2.1.2. Elevage


Avec ses vastes savanes herbeuses (35% du territoire national), le Congo offre d’énormes potentialités d’élevage. Malheureusement, l’élevage est très peu pratiqué.
Le niveau des productions animales demeure faible. Jusqu’au début des années 1990, l’activité pastorale était dominée par l’élevage des bovins, dans un système de ranching par le secteur d’Etat (Dihessé, Léboulou, Massangui, Louila, Louamba, etc.).
Les principales espèces animales élevées au Congo sont les mammifères, les oiseaux et les poissons.
a. Mammifères 

Les Mammifères élevés au Congo appartiennent aux grands groupes ci-après :



  • les bovins : les taurins (Bos taurus) sont les bovins les plus élevés. Il s’agit des races trypanotolérantes telles que les N’dama, les races Lagunaire et Baoulé. Les zébus (Bos idincus) sont essentiellement des mâles importés de la sous région Afrique centrale et engraissés pour la production de la viande ;

  • les moutons : le mouton guinéen est le plus répandu. Certains éleveurs ont introduit des moutons de grande taille tels que le mouton du sahel à poils ras et le mouton Peul ;

  • les chèvres : la chèvre naine se rencontre dans tout le pays, par contre, la chèvre du sahel est rare ;

  • les porcs : le porc de race locale est élevé dans les élevages traditionnels. Cependant, les races Large White, Landrace et Piétrain (rare) sont élevées dans les élevages améliorés et modernes.

  • Les lapins : les lapins (Oryctolagus cuniculis) de plusieurs races sont élevés dans des petits élevages. Il s’agit notamment du Papillon, du Géant blanc, du Blanc de la Nouvelle-Zélande, et des métis divers ;

  • les cobayes : les élevages sont rudimentaires ;

  • les Aulacodes : l’Aulacode (Thryonomys swinderianus) est un rongeur bien connu des congolais dont des essais d’élevage sont encore timides.


b. Oiseaux

  • Les poules : l’élevage des poules (Gallus domesticus) est présent dans tous les villages. La variété locale élevée est dénommée « poule batéké ». Dans les élevages de type moderne, de nombreuses souches (Hubbard, Isa Brown, Hy=Line Brown, Barred Rock, Rhode Island etc.) sont importées pour la production des œufs de table et pour la chair.

  • Les canards sont représentés par le canard local, le canard de Barbarie et le Pékinois.

  • Les pigeons  (Columbia sp.) sont de races variées et métissées parce que les élevages ne sont pas clos. Les phénotypes apparents sont ceux de King Argenté, de King Blanc et de Modène

  • Les pintades : la race sauvage est parfois élevée. Mais les rares élevages importent des souches pour la production de la chair.

  • Les cailles : la caille japonaise (Coturnix japonica) a été récemment introduite dans quelques élevages de type moderne.


c. Poissons

La pisciculture utilise principalement le Oreochromis nilotica, couramment appelé tilapia au Congo. L’Heterotis niloticus (Congo ya sika) est élevé en association avec O. nilotica. D’autres espèces Clarias lazera (ngolo) et Parachanna obscura (moungoussou) sont aussi élevées en association.



d. Insectes

En apiculture, l’abeille domestique, Apis melifera est élevée.


1.2.2. Ecosystèmes forestiers

1.2.2.1. Principaux écosystèmes forestiers


La forêt qui est une des principales ressources naturelle du Congo comprend trois principaux massifs :


  • le massif du Mayombe, dans le Département du Kouilou au Sud-Ouest du pays ;

  • le massif du Chaillu, dans les Départements du Niari et de la Lékoumou au Sud-Ouest du pays ;

  • le massif du Nord-Congo, dans les Départements de la Likouala, de la Sangha et des deux Cuvettes (Cuvette et Cuvette Ouest).





Photos 8. Forêt du nord Congo et un pied de Sapelli (Entandrophagma cynlindricum)
Sur un total de 22.471.271hectares, les superficies forestières sont établies comme suit :

  • Massif du Nord Congo : 15.991.604 hectares;

  • Massif du Mayombe : 1.503.172 hectares;

  • Massif du Chaillu : 4.386.633 hectares;

  • Forêt du Sud Est et du Centre : 589.862 hectares.

Le territoire national est divisé en secteur, les secteurs en zones, et les zones en unités forestières d’aménagement (UFA).


Les ressources forestières indispensables à la vie des populations contribuent pour une bonne part au développement économique, social et culturel de la République du Congo.
La classification végétale utilisée en République du Congo s’inspire de la classification de Yangambi (1956), qui fait référence en Afrique. Cette classification, améliorée en 1973 par le Comité permanent de l’UNESCO pour la classification et la cartographie de la végétation du monde, est très largement appliquée dans de nombreux travaux nationaux, notamment ceux relatifs à l’élaboration des plans d’aménagement forestier en cours. Toutes les cellules techniques chargées d’élaborer les plans d’aménagement forestier font largement recours à cette classification, dont les principales catégories se présentent comme suit :


  • Forêt dense sur terre ferme : peuplement fermé avec des arbres et des arbustes atteignant diverses hauteurs. La présence des graminées sur le sol est quasi-absente. On note cependant la présence des plantes suffrutescentes et plus rarement des plantes herbacées non graminéennes à larges feuilles ;

  • Forêt dense inondée : formation forestière sur des sols gorgés d’eau ;

  • Forêt secondaire claire : peuplement ouvert avec des arbres de petite et moyenne taille dont les cimes sont plus ou moins jointives. L’ensemble du couvert laisse largement filtrer la lumière. Au sol, les graminées sont peu abondant et peuvent être mélangées à d’autres plantes suffrutescentes ou herbacées ;

  • Plantation forestière : peuplement forestier établi par plantation d’arbres d’essences forestières ;

  • Mangrove : formation forestière en bordure des eaux marines.


1.2.2.2. Types de forêts


a. Forêt ombrophile semi sempervirente mixte guinéo congolaise

C’est une forêt ombrophile planétaire. On la trouve dans les massifs du Chaillu, du Mayombe et de la Haute Sangha.


a1. Forêt du Chaillu 

Elle est semi caducifoliée, avec un sous bois assez épais sempervirent. Les épiphytes sont rares. On a les espèces suivantes : Aucoumea klaineana, Klainedoxa gabonensis, Baillonella toxisperma,, Nauclea diderrichii, Berlinia bracteosa, Dialium pachyphyllum, Berlinia grandifolia, et Piptadeniastrum africanum et Coelocaryon preussi.


a2. Forêt du Mayombe

SITA (1995) a recensé près de 1200 espèces végétales reparties entre 662 genres et 1309 espèces. On note une grande richesse floristique sur des surfaces réduites. Les espèces suivantes constituent cet écosystème : Aucoumea klaineana, Gilbertiodendron dewevrei, Cyathea aethiopica, C.manniana, Olax goswelleri et Dacryodes spp.


a3. Forêt de la Haute Sangha

Sur le faciès humide de terre ferme on note les espèces caractéristiques suivantes :



Canthium arnoldianum, Carapa procera, Coelocaryon preussii, Cynometra sessiliflora Entandrophragama utile, Entandrophragama candollei, Entandrphragma cylindricum, Entandrophragma angolense etc.
b. Forêt semi sempervirente à espèces dominantes.

Elle est de taille assez restreinte et se rencontre dans les îlots. L’espèce Gilbertiodendron dewevrei forme des populations et se trouve entre la forêt de terre ferme et la forêt inondée, avec un sous-bois clair (ADJANAHOUN, 1985).


c. Forêt ombrophile à tendance mésophile

c1. Forêt de Ngbala

Forêt de terre ferme de la Haute Sangha, elle comprend les espèces suivantes :



Klainedoxa gabonensis, Lophira alata, Celtis zenkeri Anthocleista vogelii, Bertiera fistulosa,

Canthium arnoldianum, Carapa procera, Coelocaryon preussii, Entandrophragma angolense,

Grewia coriacea, Cynometra sessiliflora, etc.

d. Forêts mésophiles édaphiques

C’est un ensemble de types forestiers qui pourrait recouvrir plus du quart de la superficie du Congo. Elles sont cependant fragiles à cause de l’acidité des sols, et de l’action anthropique. Elles laissent place à des savanes de substitution et ne survivent qu’en stations reliques. On distingue trois faciès :




  • Faciès sur roches schisto-grèseuses. Le sol correspond à un sol remanié, assez fréquent sur les Plateaux des Cataractes. On note :Anthonota macrophylla, Canarium schweinfurthii, Gilbertiodendron dewevrei, Manilkara letestui, Paramacrolobium coeruleum, Pentachlethra macrophylla, Terminalia superba, Trilepisium madagascariense.

  • Faciès sur argilo-sableux. Avec des sols jaunes et pauvres, ils occupent les Plateaux tékés, Parinari excelsa et Pycnanthus angolensis dominent, on note les espèces suivantes : Annonidium manii, Combretodendron africanum, Diospyros zenkeri, Guarea cedrata, Myrianthus arboreus, Pycnanthus angolensis




  • Faciès sur roches basiques. Il se localise dans la vallée du Niari. Ce type de forêt est dominé par Paraberlinia bifoliolata et Monopetalanthus sp. On trouve les espèces suivantes : Milicia excelsa, Coelocaryon preussii, Paraberlinia bifoliolata Adansonia digitata, Allophyllus africana, Antiaris africana, Canarium schweinfurthii Ceiba pentandra, Pentachletra macrophylla, Piptadeniatrum africanum,

e. Forêt inondée 

La forêt est clairsemée avec un sous bois peu dense. ADJANOHOUN (1985) note deux types de forêt inondée :



  • forêt inondée véritable : avec un sol recouvert d’eau. Elle est sempervirente dominée par des grands arbres à racines échasses ;

  • forêt inondable qui se trouve sur une surface périphérique un peu sur élevée par rapport à la forêt précédente. Les espèces caractéristiques sont les suivantes : Alstonia bonnei, Anthocleistha vogelii, Berlinia grandifolia, Carapa procera, Coelocaryon preussii, Cynometra sessiliflora, Mitragyna stipulosa, Nauclea vangerguchtii, Raphia vinifera, Syzygium giorgii, Uapaca guinensis.


f. Forêt du Littoral

C’est une forêt ombrophile côtière guinéo-congolaise. Les espèces caractéristiques sont:Barteria nigritiana, Campylospermum olivieranum, Canthium multiflorum, Dalbergia saxatilis, Draceana humilis, Fegimanra africana, Klainedoxa gabonensis, Manilkara obovata, Pseudospondias mildbraedii, Sorindea juglandifolia, Symphonia globulifera, Trichilia heudelotii, Trichosypha acuminata et Vernonia conferta.


1.2.3. Ecosystèmes des eaux intérieures


En raison de son climat, le Congo dispose d’un réseau hydrographique important (225.000 km2), constitué de nombreuses rivières (Sangha, Léfini, Bouenza, Louessé, Oubangui, Kouilou, Niari, Ngoko, etc.). Ce réseau s’organise autour de deux principaux bassins suivants :



Photo 9. Chute d’eau dans le Département de la Sangha
Il faut y ajouter les petits bassins côtiers (Loémé, Noumbi, Ngongo), es bassins de la Nyanga et de l’Ogooué (avec son affluent l’Ivindo) dans le Sud - Ouest.

Les plans d’eau comprennent les lacs et les lagunes dont les plus importants sont le lac Télé dans la région de la Likouala, le complexe Nanga-Ndinga, Kobambi, Cayo-Loufoualeba et le complexe de la lagune de Conkouati dans la région du Kouilou.


Le Bassin du Congo.

Ce bassin couvre une superficie d’environ 4 millions de Km2 en Afrique Centrale. Il s ‘étend sur plusieurs Etats (Centrafrique, Congo, Cameroun, Burundi, Rwanda République Démocratique du Congo, Angola, Zambie, Tanzanie) et forme l’une des plus grandes cuvettes du continent africain.


Le fleuve Congo avec un débit moyen de 68.000m3/s (LARAQUE et al, 1995). Il est l’un des plus puissants du monde après l’Amazone (Amérique du Sud) et est long de 4600 km. Il n’arrose la République du Congo que sur 700 km.
Le Bassin du Kouilou – Niari

Plus modeste que le précédent, le Kouilou- Niari forme un petit bassin d’environ 60.000 km2. Son débit moyen est de l’ordre de 700 m3/s à son embouchure. Il peut baisser à moins de 300m3/s d’Août à octobre et dépasser 1000m3/s en avril /mai et novembre/décembre.



1.2.4. Ecosystème marin et côtier


La République du Congo dispose d’une petite côte (170 km) sur l’Océan Atlantique, côte rectiligne interrompue par des baies et des pointes (Pointe kounda, Pointe indienne, Pointe-Noire). Cette dernière est le plus souvent basse et sableuse.

Sa Zone Economique Exclusive (ZEE) est délimitée à 200 milles marins, soit une superficie de plus de 60.000 km2. Son plateau continental a une largeur de 35 milles marins à l’isobathe 200m, soit une superficie estimée à 11.000 km2. La zone côtière recèle un ensemble varié d’écosystèmes interdépendants.

Le littoral et le bassin versant sont occupés par des forêts de mangrove, des végétations herbacées, des hauts de plages, des fourrés halophiles et des forêts littorales.

Photo 10. Côte maritime au Kouilou

Les plateaux et collines sub-littoraux sont couverts par des savanes et de pseudo-steppes plus ou moins arbustives qui s’étalent sur les terres fermes, mais aussi dans les dépressions périodiquement inondées. La zone littorale se caractérise à travers deux dominantes :




  • Le courant marin de Benguela : qui dérive du Sud au Nord, balayant la côte de ses eaux froides et déterminantes selon les saisons, les caractéristiques météo climatiques de la région ;

  • Les massifs montagneux (Mayombe notamment), émergeant du socle métamorphique, largement arrosé et donnant ainsi naissance à la plupart des cours d’eau irriguant le littoral.

Après un lent cheminement qui génère un nombre important de zones marécageuses, lacustres et lagunaires , les principaux cours d’eau ( du Sud au Nord : la rivière Loémé, le fleuve Kouilou et la rivière Noumbi ) déversent à la mer leurs eaux limoneuses et concentrées en matières organiques : l’axe des passes et estuaires s’infléchit au Nord- Ouest ; les effets conjugués des rouleaux déferlants, des courants côtiers et de la nature sableuse des fonds modèlent ces passes en cordons sableux qui évoluent selon les variations de débit des rivières.


L’écosystème marin et côtier comprend :

  • les eaux estuariennes et littorales ;

  • les eaux côtières et du plateau continental ;

  • les eaux du talus dites de haute mer.


1.2.5. Zones humides


Les zones humides sont essentiellement de type continental (lacs, étangs, marais, forêts inondables et marécageuses), marin et côtier (estuaires, mangroves, lagunes, eaux marines, bancs de sable etc.) Elles recèlent d’importantes ressources biologiques (flore diversifiée, poissons, oiseaux, reptiles, mammifères aquatiques et associés aux zones humides).

Photo 11. Forêt inondée de la Likouala
De par leurs rivières et leurs affluents, elles jouent un rôle indispensable non seulement dans la régulation hydrologique du bassin du Fleuve Congo, mais aussi dans le développement socio économique du pays.
Les zones humides congolaises recèlent une diversité biologique abondante dont les espèces animales caractéristiques sont :

  • Mammifères aquatiques :

  • Lamantin Trichechus senegalensis

  • Chevrotin aquatique Hyemoschus aquaticus

  • Hypopotame Huppopotamus amphybus




  • Oiseaux d’eau

  • Flamand rose Phoenicoptenus ruber

  • Oie de Gambie Plectropterus gambensis

  • Pélican Pelicanus rufescens

  • Marabout Leptotilos Curmeniferus

  • Cigogne blanche Ciconia ciconia

  • Anhinga d’Afrique Anhinga rufa

  • Cigogne d’abdim Ciconia abdimi

  • Heron poupré Ardea purpurea

  • Heron cendré Ardea cinera

  • Spatule d’Afrique Platalea alba

  • Canard noir Anas sparsa

  • Aigrette garzette Egretta garzetta

  • Aigrette aigrette Egretta alba


1.2.6. Ecosystèmes savanicoles


La savane occupe environ 12 millions d’ha, soit 35% de la superficie totale du pays. On la trouve dans la zone littorale où elle occupe 300.000 ha (1% de la superficie du pays). Elle s’étend ensuite en un arc continu, de largeur variable, depuis les contreforts du Mayombe jusqu’au Sud de l’Equateur. Dans cet ensemble, on distingue trois grandes zones d’inégale importance :

  • la Vallée du Niari et la dépression de la Nyanga (8% de la superficie du pays) ;

  • le Plateau des Cataractes (2% de la superficie) ;

  • les Plateaux Batékés (24% de la superficie du pays).



Photo 12. Savane a Loudetia simplex (Plateaux Batéké)

1.2.6.1. Principaux types de savanes



a. La savane à Hyparrhenia et Trachypogon

Elle est essentiellement graminéenne, se localisant dans les sols ferralitiques fortement désaturés appauvris sur matériaux sableux. Elle est constituée des herbes et des arbustes ; les arbres sont plus moins abondants. Elle constitue une monotonie de paysage dans les Plateaux tékés. Les espèces dominantes sont les suivantes: Ctenium newtonii, Panicum fulgens, Rhynchelytrum sp, Trachypogon thollonii. La strate arbustive est constituée par Annona arenaria, Hymenocardia acida, Maprounea africana, Bridelia ferruginea, Psorospermum febrifugum et Strychnos pugens.


b. La savane à Loudetia demeusei et Hymenocardia acida

Cette savane se trouve dans les pentes assez raides et non sur les plateaux. Elle fait l’objet des feux suite à son cycle végétatif court de Loudetia demeusei qui est l’espèce dominante. On y rencontre aussi : Bulbostylis laniceps, Ctenium newtonii, Panicum fulgens, Rhynchelytrum sp, Trachypogon thollonii, et beaucoup des Asteraceae. La strate arbustive est constituée par: Annona arenaria, Bridelia ferruginea, Dialium englerianum. Hymenocardia acida et Maprounea africana.


c. La savane à Andropogon schirensis

Elle se trouve entre Makoua et Ewo, et dominée par Andropogon schirensis. On note également la présence des espèces suivantes : Aframomum stipulatum, Annona arenaria, Asparagus africanus, Bridelia ferruginea, Bulbostylis laniceps, Bulbostylis pusilla, Eulophia cuculata, Hymenocardia acida, Landolphia owariensis, Maprounea africana, Nauclea latifolia, Psorospermum febrifugum, Vernonia smithiana et Vitex madiensis.


d. La savane à Aristida

Cette savane se rencontre sur les Plateaux des Cataractes s’étendant sur les sols jaunes et sur roches schisto-gréseuses. L’espèce dominante est Aristidia dewildemanii. Les autres espèces importantes suivantes : Andropogon pseudapricus, Andropogon schirensis, Cyperus margaritaceus, Elyonurus hensii, Loudetia arundinacea et Sporobolus centrifugum.


e. La savane à Hyparrhenia

C’est une savane très haute, pouvant atteindre environ 4 m. Elle est composée des espèces herbacées suivantes : Andropogon schirensis, Digitaria sp, Hyparrhenia diplandra, Pennisetum purpureum, Sorghum arundicaceum. Il y a aussi des Fabaceae, Poaceae, et Asteraceae. La strate arbustive est constituée de : Bridelia ferruginea, Annona arenaria, Nauclea latifolia, Vitex madiensis, Syzygium macrocarpum et Hymenocardia acida.


f. Les pseudo-steppes à Lousséké

C’est un type de savane pauvre, constitué d’un peuplement herbacé ouvert où le sol est nu entre les plantes. On a les espèces suivantes : Annona arenaria, Digitaria brazzae, Elyonurus brazzae, Eriosema glomeratum, Indigofera erythrogramma, Loudetia simplex, Monocymbium ceresiiforme, Polycarpea corymbosa, Schizachyrium sanguineum et Tephrosia lupinifolia,


h. Les savanes du Littoral

Elles ressemblent aux pseudo-steppes et renferment moins d’arbustes. Elles sont composées de Annona arenaria, Bulbostylis laniceps, Ctenium newtonii, Elyonurus brazzae, Eriosema glomeratum, Eulophia cuculata, Pobeguinea arrecta et Schizachyrium sanguineum.


D’après WHITE (1986), les savanes congolaises font essentiellement partie des formations herbeuses secondaires guinéo - congolaises. A partir des travaux de DESCOINGS (1975), il est possible d’en distinguer des formes et faciès différents dont les principaux sont :

  • Les formations herbeuses du Littoral ;

  • Les savanes de la Vallée du Niari ;

  • Les savanes des Plateaux Tékés ;

  • Les formations herbeuses stagnales ;

  • Les savanes de la Léfini ;

  • Les savanes de l’Alima ;

  • Les formations herbeuses de la Likouala.

Ce sont des formations basses, clairsemées venant des terrains sableux. Les espèces herbacées les plus couramment rencontrées sont : Elyonurus brazzae, Rhynchelytum neryiglume, Loudetia simplex, Pobeguine sp. Cyanotis lanata, Cassia mimosoides, Eriosema glomeratum.

Le peuplement ligneux et les individus sont clairplantés. On distingue : Annona arenaria, Hymenocardia acida, Cassipourea barteri, etc.



Photo 13. Savane herbeuse (Kouilou)

i. Les savanes de la Vallée du Niari

Les travaux menés dans les zones de la Diessé et de la Louila (Diamouangana 1989) ont permis de distinguer quatre groupements végétaux principaux :



  • Groupement à Andropogon pseudapricus, A. schirensis, Hyparrhenia lecontei pour la strate herbacée et Hymenocardia acida, Crossopteryx febrifuga et Syzygium guineensis pour la strate ligneuse ;

  • Groupement à Hyparrhenia familiaris, Hyparrhenia rufa, Sorghum arundinaceum, Paspalum scrobiculatum pour les espèces herbacées et Piliostigma thonningii pour les espèces ligneuses ;

  • Groupement à Pennisetum subangustum, Beckropsis uniseta, Indigofera hirsuta, Urena lobata pour la strate herbacée et Milletia versicolor pour les ligneux ;

  • Groupement à Hyparrhenia confinis, Bracharia brizatha, Schizachyrium platyphyllum pour les herbacées et Bridelia ferruginea, et Nauclea latifolia pour les ligneux.



Photo 14. Savane a Hyparrhenia diplandra (Niari)
j. Les savanes des Plateaux Tékés

Les Plateaux Tékés sont couverts par deux formations végétales d’inégale importance. En effet, les formations ligneuses se présentent sous forme de boqueteaux et de galeries forestières multiformes, d’étendues variables.




Photo 15. Savane arbustive (Plateaux des Batékés)
La formation à Trachypogon thollonii

Cette forme est la plus étendue des savanes. C’est une formation herbeuse boisée, les espèces poacées sont cespiteuses. Les plantes herbacées les plus courantes sont : Trachypogon thollonii, Hyparrhenia hiplandra, Rhynchelytrum sp, Ctenium newtonii, Andropogon schirensis, Digitaria brazzae. Les espèces ligneuses regroupent Annona arenaria, Hymenocardia acida, Maprounea africana, Bridelia ferruguinea et Psorosperum fébrifugum.



La formation à Loudetia simplex

La forme à Loudetia simplex, ou Lousseké en Téké, est une savane de faible étendue, se présentant par plages dispersées dans l’espace. On y trouve les espèces graminéenes suivantes : Loudetia simplex, Pobeguinea hamata, Loudetia vanderystii, Xyris vanderysti et Setaria sphacelata.


Les formations herbeuses stagnales

Elles colonisent les lacs, les mares et les tourbières dispersés sur les plateaux. Ce sont les végétations des mares Ngatsou, Gakouba, Ngamakala et Ngo, etc. Elles sont similaires à celles que l’on rencontre dans la vallée du Niari.



k. Les savanes de la Léfini

La forme à Loudetia demeusei

C’est la forme la plus étendue du secteur susvisé. La savane à Loudetia demeusei présente un tapis herbacé bas, ne comptant qu’une seule strate de 40 à 50 cm de hauteur. Les espèces herbacées les plus caractéristiques sont : Loudetia demeusei, que secondent Trachypogon thollonii, suivi de Ctenium newtonii, Panicum fulgens et Digitaria brazzae.

Les arbustes comprennent : Hymenocardia acida, dominant, Albizia adianthifolia, Maprounea africana, Annona arenia. Ensuite, se trouvent au niveau du sol des Suffruteux rhizomateux, comme Anisophyllea quangensis, Parinari pumila.
La forme à Loudetia arundinaceae

Elle n’occupe que peu de surface. L’herbacée principale est Loudetia arundinacae qu’accompagnent Hyparrhenia diplandra, Panicum fulgens et Ctenium newtonii.


La forme à Trachypogon thollonii

Son aspect le plus typique se rencontre dans les Plateaux Tékés. Ici, elle se présente en un faciès appauvri.



La forme à Loudetia simplex

Elle occupe les fonds des vallées, s’installe sur des sols sableux fortement lessivés. La composition est ici un peu plus riche que dans les plateaux Tékés.



l. Les savanes de l’Alima

Dans l’Alima, on note comme savane deux formations herbeuses, l’une marécageuse et l’autre de terre ferme.




Photo 16. Savane herbeuse (Cuvette Ouest)
Formations herbacées marécageuses

Elles se caractérisent par leur complexité. Elles sont basses et denses, pour la plupart, et sont installées sur les sols marécageux et tourbeux. Il y a de nombreuses plantes hydrophiles ou aquatiques. Les Poacées dominantes sont : Rytachne rottboellioïdes, Hypogonium spathiflorum, Jardinea gabonensis. On y note aussi des Cyperacées : Rhynchospora albida, Killingia pungens, Eleocharis nupeensis, Scleria, des Commelinacées, des Xyridacées, des Rubiacées, des Melastomatacées, etc, En certains endroits inondés, on note la présence d’une végétation proche de celle des formations herbeuses, avec de grandes graminées et parfois des arbustes.


Les formations herbeuses à Lousseké

C’est le faciès le plus typique qui se développe sur le sable blanc. Il est très pauvre floristiquement ne comptant que 4 espèces : Loudetia simplex, Mononcymbium ceriiforme, Ctenium newtonii et Bulbostylis laniceps.


Selon les conditions édaphiques, des variantes de la forme typique apparaissent, la flore devient alors plus riche. Les espèces suivantes peuvent s’ajouter : Andropogon huillensis, Rytachme rottboelliondes, Panicum, Parvifolium et Sopubia sp.
Les formations herbeuses flottantes

Elles sont constituées par une dominance d’hydrophytes poussant en surface. Ils y forment de véritables prairies d’étendues variables et souvent tellement denses que certains géophytes arrivent à se développer.




  • Forme à Pobeguinea arrecta

Pobeguinea arrecta domine, formant un tapis atteignant 1m de haut. On note aussi, comme herbacées compagnes Andropogon schirensis et Hyparrhénia diplandra. Le peuplement arbustif renferme le cortège savanicole habituel. Cependant Syzygium guineense var. macrocarpum se révèle dominant.

  • Forme à Setaria retioïdes

Elle s’installe sur la série de la Mpioka. Non continue, elle se retrouve en placettes fragmentées sur les terrains sablo- argileux. L’espèce dominante est Setaria restioïdes qu’accompagnent Trachypogon thollonii et Trichopteryx fructiculosa.


  • Forme à Loudetia arundinacaea

La savane à Loudetia arundinacea se retrouve sur les trois principales séries géologiques à savoir : la série de Schisto – calcaire, la série de Schisto gréseux et la série de la Mpioka. Elle transgresse sur les sables Tékés. C’est une formation herbeuse arbustive. Les principales espèces herbacées sont Loudetia arundinacea qui domine, puis Hyparrhenia diplandra, Ctenium newtonii et Andropogon pseudapricus. La flore arbustive se compose de Crossopteryx febrifuga dominant, Syzygium guineense var. macrocarpum, Nauclea latifolia, et Gardenia jovis tonatis.

m. Les formations herbeuses de la Likouala

Elles comprennent deux formes principales et trois faciès.


Forme à Trachypogon thollonii

Cette forme colonise le Sud de la Likouala. Le tapis herbacé se compose surtout de Trachypogon thollonii, qui est l’espèce dominante. Ensuite viennent Andropogon schirensis, Sporobolus dinklagei, Schizachyrium semiberbe et Monocymbium ceresiiforme. Les autres plantes sont : Cyanotis lanata, Parinari pumila et Anisophylles quangensis.


Trois faciès peuvent être distingués au sein de cette forme :

- faciès à Borassus aethiopum,



  • faciès à Morinda lucida, qui est une sorte de mosaïque ;

  • faciès à Loudetia simplex, dépourvu de peuplement ligneux.


Forme à Andropogon schirensis

Elle se trouve au nord de la Likouala. Ici Trachypogon thollonii disparaît et Andropogon schirensis domine.


Les savanes à substrat temporairement exondé

Il s’agit de la végétation herbeuse appelée ‘’ essobé ‘’ constituée des savanes amphibies connaissant une durée d’inondation plus ou moins longue. Elles sont constituées d’associations soit à Jardinea congoensis et Jardinea gabonensis sur les substrats dont la durée d’inondation est plus longue soit à Hyparrhenia diplandra et Setaria restioïdea le long des berges temporairement exondées.


Les groupements des biotopes aquatiques et semi-aquatiques

Ils relèvent des écosystèmes des eaux continentales et comprennent les pelouses flottantes et la prairie semi-aquatique à Echinochloa stagnina et Vossia cuspidata




  • Les pelouses flottantes. Il s’agit des groupements flottants fixes ou flottants libres à Eichhornia crassipes, à Nymphaea heudelotii avec Utricularia foliasa, à Salvinia molessa, à Pistia stratriotes que l’on trouve dans les franges ripicoles de nombreux cours d’eau (Likouala - aux - Herbes, Tanga, Ibenga, etc.) ainsi que dans les marécages, marigots, étangs et lacs de la région.




  • La prairie semi-aquatique à Echinochloa stagnina et Vossia cuspidata.

Ces deux groupements se partagent l’occupation du lit de la Likouala aux herbes et de certains de ses affluents. Ils admettent des eaux profondes et de fortes crues.
Floristiquement très pauvre, Echinochloa stagnima s’associe parfois à Echinochloa pyramidalis et aussi à Vossia cuspidata ainsi qu’à d’autres espèces comme Jardinea congoensis, Salvinia nymphellula, Salvinia molesta, Panicum parvifolium avec dans la strate arbustive les espèces comme Hymenocardia ripicola, Oubanguia africana, Parinari congensis, Uapaca eudelotii.

1.2.7. Groupements aquatiques

1.2.7.1. Prairie flottante


Cet écosystème particulier qui se rencontre dans la Basse Sangha, surtout le long de la Likouala-aux-herbes. Il est constitué par deux espèces semi aquatiques : Echinochloa pyramidalis et Vossia cuspidata. A certains endroits ces espèces sont associées à des plantes aquatiques strictes notamment : Eichhornia crassipes, certaines Fougères, Cyperaceae, et Polygonaceae.

1.2.7.2. Papyraies 


Elles sont dominées par une espèce qui forme un tapis très homogène : Cyperus papyrus. A certains endroits, elle peut être associée à certaines espèces comme Arundinella funanensis, Cyrtosperma senegalensis, Leersia hexandra, Lygodium scandens ou Jussiaea acuminata.

1.2.7.3. Groupements d’eau douce


Ceux ci se trouvent le long des fleuves et rivières. On note une grande végétation particulière avec une grande richesse floristique.

Photo 17. Groupement à Cyrtosperma senegalensis et Polygonum sp.

1.2.7.4. Groupements de cascades et groupements côtiers 


Les groupements de cascades constituent un milieu spécial de faible surface. On note trois ensembles de ceux-ci : les Rapides, Cascades du Massif et des Plateaux des Cataractes.
Les groupements côtiers sont observés le long de la Côte et présentent une bonne frange des différents écosystèmes.


Photo 18. Groupement à Phoenix reclinata
En dehors des aires protégées ou des réserves naturelles, la végétation congolaise reste dans son ensemble peu connue, cependant les forêts inondées et inondables de la Basse Sangha et les mangroves restent encore à étudier.

1.2.8. Ecosystème urbain


Le Congo est l’un des pays le plus urbanisé d’Afrique noire. Il compte plus de 45,7 % de la population totale qui réside dans les agglomérations de plus de 2.000 habitants. Les deux principales villes comptent plus de 400.000 habitants : Brazzaville (850.000 hab) et Pointe-Noire (420.000 hab.).

L’écosystème urbain au Congo dont l’homme est l’espèce biologique la plus active, influence directement et indirectement les changements enregistrés dans tous les autres écosystèmes.


La ville de Pointe Noire bénéficie d’un massif forestier artificiel constitué d’essences à croissance rapide, notamment l’Eucalyptus.

1   2   3   4   5   6   7   8   9   10   ...   19


Verilənlər bazası müəlliflik hüququ ilə müdafiə olunur ©azkurs.org 2016
rəhbərliyinə müraciət

    Ana səhifə