Quatrieme rapport national sur la diversite biologique



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1.3. Principales causes de pressions et menaces sur les écosystèmes et la diversité biologique congolaise

1.3.1. Ressources fauniques et leurs habitats


La diversité biologique congolaise connaît plusieurs menaces qui compromettent sa pérennité. En effet, plusieurs formes de pressions s’exercent sur la faune et la flore depuis plusieurs années. Ces principales menaces sont d’origine anthropique, climatique et divers motivées par :

  • les besoins alimentaires et énergétiques des populations ;

  • le développement industriel ;

  • le commerce international illicite des trophées et espèces;

  • les épidémies et maladies virales ;

  • les espèces envahissantes

  • les troubles socio-politiques connues par le pays dans les années 1990.



Photo 19. Différentes espèces animales victimes de braconnage
Le commerce des trophées notamment les pointes d’ivoire, les peaux de certaines espèces protégées, devenu très fructueux, est à l’origine des abattages illicites des grands mammifères.
La principale conséquence de ce braconnage est la raréfaction de la faune et le danger d’extinction de certaines espèces animales, telles que l’éléphant, le Sitatunga et le bongo, D’autres espèces ont déjà disparu : c’est le cas du cobe et de la cynhyène.

1.3.2. Ressources agricoles

Les principales pressions exercées par l’agriculture sur la diversité biologique et les écosystèmes naturels sont :



  • le défrichement des forêts, consécutif à l’agriculture itinérante ;

  • le brûlage des savanes ;

  • l’utilisation des engrais et des pesticides ;

  • la gestion anarchique des pâturages.

Selon une étude réalisée par SIBONA (FAO, 1985), dans le cadre du Projet « Développement Forestier Sud Congo », 25.000 ha à 35.000 ha sont défrichés annuellement pour les besoins agricoles. Ces défrichements détruisent les écosystèmes forestiers et leurs ressources biologiques, notamment la flore. Les habitats de la faune sont également dégradés. Il s’ensuit donc une érosion génétique consécutive à la raréfaction des espèces végétales, ou à la disparition des plantes endémiques.



Photo 20. Feu de savane dans les Plateaux Batékés
Si les feux permettent la régénération de la végétation herbacée, ils détruisent les espèces ligneuses et la faune. Sur les zones en pente, ces feux favorisent l’érosion et le lessivage des sols.
Les engrais et les pesticides utilisés dans les exploitations agricoles modernes (cas des plantations de canne à sucre à Nkayi) polluent les eaux et modifient ainsi les écosystèmes.

1.3.3. Ecosystèmes forestiers


Les principales causes de pressions et menaces sur les écosystèmes forestiers et leurs ressources biologiques sont les nombreuses.

  • l’exploitation industrielle non rationnelle du bois d’œuvre ;

  • l’exploitation artisanale à des fins commerciales des produits forestiers ;

  • l’agriculture itinérante ;

  • les feux de brousse.

L’exploitation forestière est une menace potentielle quand elle n’intègre pas les notions d’aménagement ou d’exploitation à impact réduit. En effet, l’ouverture d’une piste d’exploitation forestière favorise la pénétration du braconnier en forêt.



Photo 21. Route d’une exploitation forestière dans le département de la Sangha
Exploitée depuis 1940, sans aménagement, une grande partie des forêts du Sud du pays, sont écrémées et surexploitées.
La zone Nord, exploitée sur la base d’un système de rotation, est moins touchée et dispose encore d’importantes ressources forestières. Toutefois, cette partie du pays fait l’objet d’une exploitation sélective.

L’écrémage et la surexploitation ci-dessus évoqués peuvent être illustrés par les chiffres suivants : 07 essences (Sapelli, Okoumé, Sipo, Ayons, Limba, Moabi et Bahia), constituent l’essentiel de la production grumière nationale, soit 80 %. Dans le Nord, le Sapelli représente 80 % environ de la production grumière. Il convient de rappeler que les inventaires forestiers réalisés ont permis d’identifier plus de 150 essences de bois d’œuvre.










Photo 22. Sciage artisanal du bois
La raréfaction observée de certaines essences fortement exploitées, pourrait à terme entraîner leur disparition, si des programmes de conservation des ressources génétiques forestières ne sont pas mis en œuvre.

Selon l’étude « filière bois – énergie » réalisée par LAMOUROUX et BOUNDZANGA (1994), 98 % des besoins énergétiques des ménages, dans les quatre grandes villes du pays (Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie et Nkayi) sont couverts par le bois et le charbon de bois ;


Selon les statistiques du Ministère chargé des Eaux et Forêts, la production de bois de chauffe a oscillé entre 785.000 stères et 916.000 stères, de 1992 à 1998 et celle du charbon entre 80.000 tonnes et 120.000 tonnes.
Les P.F.N.L sont exploitées, sans connaissance de leurs potentialités et sans aménagement des zones de récolte. Selon une étude réalisée par PROFIZI et al (1993), dans le cadre du P.A.F.N, plusieurs produits se raréfient, du fait de la surexploitation et certains sont menacés de disparition, à terme, si des dispositions ne sont pas prises.

1.3.4. Ressources halieutiques


Les principales pressions exercées sur les ressources halieutiques congolaises sont diverses selon les eaux continentales ou marines :

1.3.4.1. Eaux continentales


  • la pêche intensive qui met en pression perpétuelle les mêmes isobathes de chalutage, et entraîne la modification de la structure par âge, de la composition spécifique et réduit le potentiel reproducteur des stocks.

  • l’utilisation intensive des filets aux mailles non réglementée n’épargnant pas les espèces juvéniles ;

  • l’usage des substances végétales ou chimiques, ainsi que des explosifs, polluent les milieux aquatiques, et déciment les ressources aquatiques ;

  • l’envahissement des plans d’eau par certaines plantes aquatiques, et notamment la jacynthe d’eau (Eichhornia crassipes), la laitue d’eau (Pistia stratiotes) et la fougère d’eau (Salvinia molesta).



1.3.4.2. Eaux marines


  • le dragage affecte l’environnement marin, en détruisant les organismes qui peuplent le fond marin et les herbiers, par perturbation mécanique et envasement ;

  • la pêche illégale dans les eaux congolaises, sans licence, et donc sans respect des quotas autorisés ;

  • la pollution due aux activités d’exploitation pétrolière, celle-ci engendre naturellement la destruction de la faune, de la flore, des habitats et des zones de fraie ;

  • l’érosion côtière détruisant les frayères.



1.3.5. Espèces détruites des environs des grandes agglomérations


La satisfaction des besoins toujours croissants de l’homme entraîne des prélèvements anarchiques des organes végétaux (écorces, racines, feuilles, etc.), provoquant ainsi une destruction ou une perturbation physiologique et morphologique des plantes. Parfois c’est l’habitat lui-même qui est détruit, rendant précaire la pérennité de l’espèce, c’est ainsi que certaines espèces sont devenues rares ou ont même disparu aux environs des grandes villes. A Brazzaville, les espèces suivantes  ont presque disparu: Nauclea latifolia, Pausinystalia yoyimbe (Rubiaceae), Hua gabonii (Huaceae), Rauwolfia obscura et R. vomitoria (Apocynaceae) ; Aloe schweinfurtii (Liliaceae), Pentadiplandra brazzaeana (Pentadiplandraceae).

1.3.6. Espèces introduites pouvant menacer la diversité biologique


L’extension de certaines espèces introduites, volontairement ou accidentellement, menacent les écosystèmes terrestres et aquatiques. Parmi ces espèces il y a : Eichhornia crassipes, Chromolaena odorata, Tithonia diversifolia, Mimosa invisa, et Stylosanthes guyanensis.


Photo 23. Espèces envahissantes des milieux terrestre (Tithonia diversifolia) et aquatique (Eichhornia crassipes)






Le tableau 5 résume les menaces pesant sur la biodiversité du Congo.
Tableau 5. Synthèse des différentes menaces sur la biodiversité congolaise


Ecosystèmes

Biodiversité

Menaces

Déforestation

Commerce

Braconnage

Espèces envahissantes

Besoins alimentaires

Urbanisation

Pollution

Feux de brousse

Maladies

Industrie

Exploit. minière

Ressources agricoles


































Forets


































Eaux continentales


































Mangrove


































Savanes


































Zones côtières
































Zones humides




































Ecosystèmes

Biodiversité

Menaces

Déforestation

Commerce

Braconnage

Espèces envahissantes

Besoins alimentaires

Urbanisation

Pollution

Feux de brousse

Maladies

Industrie

Exploit. minière

Mammifères


































Oiseaux


































Reptiles


































Poissons

































Microfaune


































Microflore

































→ ↗ ↘

Faible Moyenne Forte stationnaire croissant décroissant

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